Des personnages 3D à la conquête du monde.

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Denis Doré et Patrick Beaulieu, de Squeeze. (Photo: courtoisie)

PME DE LA SEMAINE – Après avoir réalisé une première série originale qui séduit la planète, l’entreprise d’animation 3D Squeeze, de Québec, entame une nouvelle phase de croissance à l’international.

 

«La clé pour nous était de créer une série et un personnage dont on détiendrait tous les droits, afin d’accélérer la croissance de l’entreprise. On veut que notre production se retrouve sur les télés partout dans le monde», explique Denis Doré, président et cofondateur de Squeeze.

 

La PME a gagné son pari en lançant Cracké en novembre 2015, une première série de 52 épisodes d’animation 3D qui met en vedette Ed, un papa autruche anxieux de protéger sa précieuse couvée.

 

 

Après avoir assuré la distribution de la série sur les ondes de Télétoon au Canada, le concept a séduit les géants du divertissement Turner et Nickelodeon, qui diffusent depuis le mois de mars la série en Amérique latine et aux Caraïbes pour les premiers, et en Australie et en Nouvelle-Zélande pour les seconds. Des discussions sont en cours pour vendre la série en Europe et en Asie.

 

En quelques mois, le nombre d’employés est passé d’une vingtaine à plus de 50 dans les locaux du quartier Saint-Roch. Squeeze souhaite maintenant s’attaquer à des projets de plus grande envergure. «On travaille sur un projet de film et on aura encore besoin de grossir l’équipe. La croissance qui s’en vient est énorme et on risque de doubler le nombre d’employés cette année», soutient Denis Doré.

 

De 2012 à 2015, le chiffre d’affaires de l’entreprise a cru de 400% alors que les exportations ont bondi de 950%.

 

Niche pointue, marché mondial

 

C’est lorsqu’il travaillait pour Ubisoft que Denis Doré s’est aperçu de l’énorme potentiel de l’animation 3D. «J’avais noté que Ubisoft externalisait la production d’animation et de bandes-annonces à des compagnies spécialisées», note ce dernier. Avec Patrick Beaulieu, un directeur d’animation expérimenté, il décide d’exploiter ce créneau en lançant une entreprise spécialisée dans la production d’animation de personnages 3D.

 

Dès le lendemain du lancement de l’entreprise, en décembre 2011, Squeeze obtient son premier contrat pour faire l’animation 3D d’une vingtaine de personnages du jeu vidéo The Avengers : Battle for Earth, créé par Ubisoft et par le géant de l’animation Marvel. Un beau contrat de quatre mois pour cinq personnes à plein temps. Squeeze venait de prendre son envol.

 

«On donne vie à des personnages pour des films, des bandes-annonces, des jeux vidéos ou pour des pubs, souligne Denis Doré. Dès le départ, on savait que notre plan d’affaires ne tenait pas la route si on ne visait pas le marché international, car le volume et les prix ne sont pas là localement». C’est pourquoi Squeeze mise sur la production de très haute qualité pour être concurrentielle.

 

Avec des géants de l’animation comme Disney, Dreamworks et Universal, la compétition est féroce et les entreprises doivent investir beaucoup d’argent pour produire du contenu de calibre international, estime Louis Leclerc, directeur général de Pixel Québec, qui organise les événements Cartoon Connection et Pixel Animation, rassemblant des producteurs du monde entier à Québec depuis 2011.

 

 «Le Québec est le 4e pôle mondial en effets spéciaux et en animation», souligne pour sa part Marine Lelièvre, l’organisatrice de l’événement Effects Montréal, qui a attiré plus de 1000 personnes et 300 entreprises lors de la première édition l’an dernier.

 

Équipe de rêve à Québec

 

Pour livrer un produit de très haute qualité, les deux entrepreneurs ont recruté une quinzaine de professionnels expérimentés afin de former leur équipe. Squeeze peut notamment compter sur Éric Lessard, directeur de l’animation, qui a travaillé pendant 12 ans chez Dreamworks.

 

Cette expertise permet à l’entreprise de se démarquer et de décrocher des contrats pour Disney, Sony, Microsoft et Marvel. Rapidement, l’entreprise a pris de l’expansion à l’international en réalisant des contrats aux États-Unis, en Inde, en Australie, en Norvège, en Espagne et au Royaume-Uni, où se trouve désormais 45 % du marché de Squeeze.

 

Sur le marché québécois, qui compte pour 25% du chiffre d’affaires, Squeeze produit principalement des animations pour des jeux vidéo ou encore des firmes de publicité comme LG2.

 

La prochaine étape : se tailler une place dans le top 10 de la planète. «Il nous reste encore un bout à faire, mais on commence à rentrer dans les ligues majeures», conclut Denis Doré.